La veille : la considérez-vous comme indispensable ou superflue? Les tenants des deux camps avanceront des arguments imparables pour répondre à cette question. Entre ces deux points de vue opposés se situent un questionnement légitime, des doutes, et quelques idées reçues. En voici sept largement répandues, leurs fondements, ainsi que notre modeste contribution au débat.
1. « La veille, c’est chronophage »
Certes, instaurer une veille requiert un investissement en temps [1]. Or, la gestion du temps représente un défi pour vous comme pour tous les professionnels, les gestionnaires et les entrepreneurs. Pourtant, le temps requis pour trouver dans l’urgence et sans stratégie préétablie une information essentielle pour l’entreprise s’avérera important, même s’il reste difficilement quantifiable. En outre, l’adrénaline et le chronomètre devront être réactivés chaque fois qu’un nouveau besoin informationnel émergera, ce qui constituera une pure dépense.
A contrario, planifier et réaliser une veille informationnelle sur un sujet circonscrit permet de rester à jour dans votre domaine d’activité, voire d’en anticiper les tendances. Ce faisant, la veille soutiendra votre prise de décision éclairée, vous permettant d’effectuer une gestion de votre temps pour des tâches à valeur ajoutée. Il s’agit alors d’un investissement.
Vous ne savez pas comment instaurer cette veille au sein de votre équipe ou n’en avez pas le temps. Des professionnelles et professionnels de l’information peuvent vous accompagner dans ce processus. C’est un service que nous offrons chez Cogniges. Vous gagnerez du temps en accédant à de l’information pertinente et directement exploitable, qu’elle soit de nature opérationnelle, tactique ou stratégique.
2. « Faire de la veille, c’est cher »
Le coût potentiel d’une veille peut faire peur, mais le coût de l’absence de connaissance d’une information stratégique peut s’avérer vraiment dommageable pour une organisation. En ces circonstances, deux éléments sont indissociables : bien encadrer le projet de veille pour mieux en cerner les coûts.
Que signifie « encadrer le projet de veille »? Apprivoiser le processus, qui comprend cinq étapes, et commencer par accorder le temps nécessaire à la planification. Connaître précisément ses besoins informationnels, les énoncer clairement, bien définir les axes de veille, arrimer le processus sur la stratégie organisationnelle : des conditions gagnantes pour éviter la dispersion et viser l’efficacité tout au long du projet.
Dans ces conditions, la veille contribuera à l’agilité de votre organisation et permettra un bon retour sur investissement. En effet, une organisation agile observe son environnement, reconnaît, traite et analyse l’information pertinente pour une prise de décision se traduisant en action [2]. C’est précisément ce qu’offre la veille.
3. « Faire de la veille, c’est bon pour les grandes organisations »
Dans une enquête publiée en 2019, Statistique Canada indiquait en effet que les technologies de veille stratégique étaient plus susceptibles d’être adoptées par les grandes entreprises (37 %) que par les entreprises de taille moyenne (29 %) ou les petites entreprises (21 %) [3]. Cependant, dans un mémoire de maîtrise en sciences de la gestion présenté en 2020, l’auteur soutenait, avec de nombreuses études à l’appui, que « la veille améliore la productivité et les connaissances d’une entreprise à court et à long terme, qu’elle opère en zones urbaines ou rurales, et ce, quelle que soit l’industrie » [4].
N’oublions pas qu’il existe différents types de veille : stratégique, informationnelle, scientifique, concurrentielle, sectorielle, réglementaire, réseaux sociaux et réputation numérique. L’un de ces types répondra à coup sûr à vos besoins informationnels et à vos attentes organisationnelles.
4. « La veille, c’est compliqué! »
Comme toute nouvelle façon de faire dans une organisation, la veille peut sembler complexe. Elle peut effectivement l’être si on laisse régner l’improvisation, que l’on croule sous un volume d’information non pertinente (du bruit), que l’on ne sait pas comment la filtrer et que l’on se trouve démuni face aux possibilités de diffusion de l’information pertinente.
S’il n’existe pas de recette universelle, on dispose en revanche de bonnes pratiques pour bien accomplir chacune des étapes : en voici un aperçu. Par exemple, le remède à l’improvisation réside dans la planification, la solution pour éviter le bruit consiste à choisir les bonnes sources d’information et à en canaliser les extrants, établir des critères rigoureux représente une des façons de filtrer l’information, et soigner le contenu et la forme des livrables de veille en permettra une pleine utilisation [5].
Une autre complexité potentielle réside dans le fait de penser que la veille est un processus linéaire. En réalité, il doit être itératif sous peine de devenir rapidement inopérant : il s’agit d’un cycle qui garantit une amélioration continue.
5. « La veille, c’est facile, tout se trouve sur le Web »
Cette croyance, bien que contraire à la précédente, est largement partagée. Ainsi, d’aucuns peuvent penser qu’utiliser un outil comme Google Alerts suffit à faire de la veille. Or, cet outil ne couvre qu’une infime partie du Web et exclut, par exemple, les bases de données payantes, les réseaux sociaux et les sources moins indexées, comme les organisations productrices de littérature grise.
Une veille repose sur une variété de sources rigoureusement sélectionnées, testées, évaluées : il s’agit souvent d’une combinaison équilibrée de sources gratuites et payantes [6]. N’oublions pas que, si une partie de l’information est offerte en accès libre, tout un pan n’est accessible qu’au moyen d’une recherche dans des sources payantes. Se contenter des sources gratuites, c’est un peu comme rester dans l’entrée d’un musée; combiner les sources gratuites et payantes, c’est se donner la chance de découvrir l’œuvre d’un artiste et d’en connaître l’interprétation.
6. « De toute façon, on n’aura pas le temps de tout lire! »
Certes! D’ailleurs, personne ne le pourrait, même sur un domaine spécialisé. L’infobésité est un fléau largement répandu qui peut d’ailleurs produire des ravages.
Mais la veille n’a pas de prétention d’exhaustivité. Elle vise à vous livrer une information non seulement pertinente, mais également fiable, valide, exacte, à jour et triée sur le volet. En outre, il s’agira rarement d’une information brute : le livrable mettra en valeur un continu de qualité, synthétisé ou analysé, bien structuré et lisible, orienté vers la prise de décision pour faciliter le passage à l’action [5].
7. « La veille, c’est de l’espionnage »
C’est ce que l’on pourrait penser quand on parle d’« intelligence économique ». Il existe trois types d’information : 1) blanche, c’est de l’information aisément et licitement accessible, telle qu’un article scientifique; 2) grise : c’est de l’information licitement accessible, mais parfois difficile à connaître ou à repérer, comme des rapports de recherche ou des communications lors de colloques; 3) noire, c’est de l’information à diffusion restreinte et dont l’accès ou l’usage est explicitement protégé, comme des rapports internes et confidentiels.
Même si elle est concurrentielle, la veille reste un processus légal qui permet de repérer de l’information blanche ou grise, mais pas d’information noire. De plus, ce type de veille couvrira également les volets réglementaire et technologique, ainsi que les signaux faibles. Par « signal faible », on entend « un indice imprécis, une information très vague, à propos d’événements à fort impact susceptibles de se réaliser dans le futur, et qui se développe et s’améliore progressivement avec le temps » [7].
Conclusion
Dans un monde comme dans votre domaine en constante évolution, la veille apparaît comme un levier stratégique puissant, accessible à toutes les organisations, à condition de l’organiser adéquatement. Que vous souhaitiez vous former en la matière ou confier le mandat à des professionnelles ou professionnels de l’information, n’hésitez pas à faire appel aux services de Cogniges : vos décisions méritent de s’appuyer sur des informations fiables et sélectives, en temps opportun.
Références
[1] Institut des hautes études de l’éducation et de la formation (France). (2024). Comprendre la veille informationnelle.
[2] Goria, S. (2020). L’entreprise sous le prisme des combinaisons des méthodes d’agilité, de créativité et de veille. Marché et organisations, n° 39(3), 17-38.
[3] Statistique Canada. (2019). Enquête sur l’innovation et les stratégies d’entreprise. Le Quotidien.
[4] St-Sauveur, P. (2020). Évaluation des pratiques d’intelligence et de veille stratégiques dans les PME québécoises [Mémoire de maîtrise en sciences de la gestion]. Université du Québec à Montréal.
[5] Mesguich, V. (2022). Réussir l’édition de ses livrables de veille. Techniques de l’ingénieur (1041).
[6] Deschamps, C. (2018). Outils gratuits et payants : le mix gagnant d’un système de veille. Archimag, Guide pratique « Veille : les nouveaux fondamentaux » (63), 55-57.
[7] Lesca, N., Caron-Fasan, M.-L., et Falcy, S. (2009). Comment les managers interprètent les informations à caractère anticipatif. CERAG.