25 août 2025

Infobésité : le poids du fléau, des pistes d’allègement

Indispensable matière première, l’information devient nourriture indigeste en contexte de surabondance. Les conséquences du phénomène abondent elles aussi, autant pour la personne que pour l’organisation. En tant qu’entreprise spécialisée en sciences de l’information, Cogniges vous donne une vue d’ensemble du menu des risques associés à l’infobésité ainsi qu’un aperçu de la carte des pistes de solutions.

Infobésité : de quoi parle-t-on exactement?

Infobésité est un mot-valise issu de la combinaison des mots information et obésité. L’Office québécois de la langue française (OQLF) la définit ainsi : « Surabondance d’informations caractéristique à l’ère du numérique, essentiellement attribuable aux technologies de l’information et de la communication et à l’hyperconnectivité qui en découle. »

Le champ lexical associé à l’infobésité n’est pas de tout repos et pèse lui-même son poids : surcharge informationnelle, déluge informationnel, infopollution, tyrannie de l’information.

Au chapitre des risques encourus sur le plan personnel, le portrait n’est pas plus reluisant : surcharge mentale, sentiment d’urgence, sentiment d’incompétence, stress, perte de temps, syndrome de saturation cognitive, hyperconnexion, cyberdépendance, syndrome fomo (fear of missing out que l’OQLF appelle également anxiété de ratage) culpabilité, diminution de la qualité du processus décisionnel, risque de paralysie de l’action, désinformation, difficulté à distinguer l’information de qualité, risque d’imbrication entre les volets professionnel et personnel [1, 2, 3].

Sur le plan organisationnel, alors que l’information devrait constituer le carburant décisionnel, la surinformation provoque de fréquentes interruptions, inhibe le mouvement, freine les décisions et provoque une baisse globale de productivité et d’innovation.

Sur le plan environnemental, l’impact numérique du tsunami informationnel fait désormais partie des enjeux que d’aucuns comparent à un syndrome de Diogène numérique lorsqu’il se traduit par une production et une conservation compulsives de données.

Face à un tel portrait, quelles pistes de solution sont envisageables sur les plans personnel et organisationnel?

Des stratégies informationnelles pour une cure minceur

À l’échelle individuelle comme à l’échelle organisationnelle, des stratégies impliquant un meilleur traitement de l’information, en amont comme en aval, peuvent être mises de l’avant.

  • Instaurer une culture de l’information : développer ou consolider des habiletés informationnelles concerne à la fois la personne, le citoyen et l’organisation. Cela passe par de la formation, par l’utilisation des bons outils et l’accompagnement requis pour en faire bon usage, l’humilité de reconnaître que l’on ne peut pas tout savoir, le travail collaboratif, le choix du canal optimal de communication, l’apprentissage de la sobriété numérique [1, 4]. Trois exemples concrets : modérer l’usage du cc (copie conforme) lors d’envoi de courriels, pratiquer le partage de fichiers plutôt que l’envoi de pièces jointes, utiliser les plateformes collaboratives pour de brefs échanges. En matière de recherche documentaire, Cogniges vous offre de la formation en gestion de l’information.
  • Décréter ou s’octroyer un droit à la déconnexion : pour prévenir la fatigue informationnelle et contrer la pénibilité numérique associées à l’hyperconnexion, plusieurs pays se sont penchés sur la question au point de légiférer. C’est notamment le cas en France, où ce droit a fait son apparition dans le Code du travail. Cependant, promulguer une loi ne suffit pas nécessairement à changer rapidement les pratiques. Selon l’Observatoire de l’infobésité et de la collaboration numérique, un(e) dirigeant(e) d’organisation qui donne l’exemple pourrait fournir un élan bénéfique [5]. 
  • Sélectionner l’information : cette sélection fait appel à l’analyse critique autant des sources d’information que des informations repérées dans ces sources. En premier lieu, il est absolument impossible de lire tout ce qui se publie de pertinent, même dans un créneau pointu [3]. En second lieu, la surabondance d’information, particulièrement en période de pointe telle qu’une pandémie, rend particulièrement complexe le tri du bon grain de l’ivraie, donnant même naissance au concept d’infodémiologie [6].
  • Structurer l’information en utilisant notamment l’architecture, la taxinomie ou la cartographie : l’information interprétée, structurée et mémorisée peut alors devenir stratégique et connaissance prélude à l’action. Producteurs et utilisateurs d’information sont concernés par cette structuration. En amont, les producteurs peuvent concevoir des interfaces pensées pour une expérience utilisateur optimale. À la fois en amont et en aval, à l’échelle de l’organisation et considérée en continu, cette structuration fait partie de l’indispensable gestion ou gouvernance de l’information, qui comprend également la mise en place d’un calendrier de conservation de l’information numérique pour en rationaliser l’entreposage.
  • Effectuer une curation de contenu : sélectionner, analyser, associer et organiser l’information pour ne retenir que celle qui est réellement pertinente, voici les rôles de spécialistes de l’information qui deviennent passeurs de contenus. L’utilisateur consomme alors avec parcimonie l’information dont il a réellement besoin. Ainsi, Cogniges vous propose des services de veille informationnelle et stratégique pour une véritable intelligence d’affaires.
  • Mettre à profit le Web sémantique et l’intelligence artificielle : en facilitant la collecte d’information, en permettant le traitement de masse ou l’extraction des entités nommées, en favorisant le ciblage des informations en fonction du profil des destinataires, l’intelligence artificielle offre de belles perspectives pour affronter l’infobésité de concert avec les professionnels.

Si le phénomène de l’infobésité est plus présent que jamais, des solutions issues des sciences de l’information sont à votre disposition pour le prévenir ou le surmonter. N’hésitez pas à nous contacter pour en savoir plus.

 

Références

[1] Sauvajol-Rialland, C. (2014). Infobésité, gros risques et vrais remèdes. L’Expansion Management Review, (1), 110-118. 
[2] Texier, B. (2023-2024). Prévenir et guérir l’infobésité. Archimag, (370), 15-16. ($)
[3] Bawden, D. et Robinson, L. (2020). Information overload: an overview. Dans Oxford Encyclopedia of Political Decision Making. Oxford University Press.   
[4] Casimir, S. (2023-2024). Méthodes et outils : éviter l’infobésité à tous les niveaux. Archimag, (370), 18-20. ($)
[5] Observatoire de l’infobésité et de la collaboration numérique (France). (2023). Référentiel annuel 2023.  
[6] The Lancet. (2020). The truth is out there, somewhere [Editorial]. The Lancet, 396(10247), 291.  ($)