27 August 2026

When conducting literature reviews or monitoring projects, the search for relevant information can run into a sneaky obstacle: identifying articles from predatory journals. To identify and address the challenge posed by these journals and their content, we propose five complementary strategies.

1. Understanding What a Predatory Journal Is

Le Fonds de recherche du Québec définit ainsi une revue prédatrice : « En échange de frais de publication, les revues prédatrices publient en libre accès immédiat, mais en se souciant peu de la qualité scientifique ou de l’intégrité scientifique. Elles publient souvent dans des délais très courts, sans suivre les pratiques exemplaires de l’édition scientifique de qualité. Les revues prédatrices exploitent ainsi la demande mondiale croissante pour la publication en libre accès immédiat. » [1]
On retiendra donc les caractéristiques suivantes :

  • Des frais de publication exigés en amont
  • Une publication dans des délais très courts
  • L’absence des bonnes pratiques de l’édition scientifique

De son côté, une revue légitime fera preuve de transparence éditoriale, comprendra un processus crédible d’évaluation par les pairs en y associant un délai, et sera indexée dans des bases de données de qualité, telles que PubMed/Medline, Web of Science ou Scopus. De plus, si elle exige des frais pour une publication en libre accès, elle l’annonce clairement et le fera après évaluation.

 

2. Guetter les indices

Une fois que l’on comprend de quoi il s’agit, comment déceler une revue prédatrice? Quelques indices peuvent nous mettre sur la voie :

  • En amont, les autrices et auteurs peuvent être sollicités directement pour soumettre un article.
    Les personnes sollicitées devront verser des frais de publication lors de la soumission, ce qui est contraire aux bonnes pratiques.
  • On garantit une publication rapide, donc sans révision par des pairs.
  • Le site Web de la revue s’avère peu professionnel : fautes nombreuses, liens brisés, informations éditoriales incomplètes et difficiles à trouver, adresse courriel non professionnelle, absence d’archives des numéros précédents, formulations vagues, métriques douteuses ou inventées, comme de faux facteurs d’impact.
  • La revue peut publier sur des sujets autres que son nom ou sa description le laissent croire.

Plusieurs instances crédibles ont établi des grilles de critères fort utiles pour nous aider dans une démarche de vérification structurée : Polytechnique Montréal [2], Fonds de recherche du Québec [3], les bibliothèques du Réseau de l’Université du Québec [4] ou encore Think. Check. Submit. [5].

 

3. Consulter des outils de référence

Plusieurs outils complémentaires et indépendants ont été mis sur pied par des instances soucieuses de la qualité de l’édition scientifique :

  • COPE. Members. https://members.publicationethics.org/members. La liste des membres COPE (Committee on Publication Ethics) permet de vérifier si un éditeur ou une revue adhère à des principes d’éthique de publication.
  • Directory of Open Access Journals (DOAJ). https://doaj.org/. « La mission de DOAJ est d’accroître la visibilité, l’accessibilité, la réputation, l’utilisation et l’impact des revues de recherche universitaire de qualité, évaluées par les pairs et en libre accès, à l’échelle mondiale, indépendamment de la discipline, de la zone géographique ou de la langue ». Pour la traduction en français des publications du DOAJ, on peut consulter la page Documentation DOAJ d’Érudit : https://apropos.erudit.org/documentation-doaj/
  • Predatory Journals. The Predatory Journals List. https://www.predatoryjournals.org/the-list/journals  

 

4. Trianguler les sources

Comme en journalisme, il convient ici de croiser des sources complémentaires pour s’assurer de l’intégrité de la revue. La détection des revues prédatrices repose en effet sur une triangulation entre la consultation de répertoires ouverts, l’examen critique des pratiques éditoriales de la revue et l’utilisation de grilles. 
En effectuant cette démarche, on vise l’excellence plutôt que la perfection. En effet, « À l’impossible, nul n’est tenu. » Dans un paysage sans cesse changeant, en contexte d’infobésité, en présence d’hallucinations générées par des outils d’intelligence artificielle générative, il convient de déployer les moyens mis à notre disposition pour débusquer la fraude. Cependant, il faut garder à l’esprit qu’il peut rester une marge d’erreur, car il arrive que même les bases de données les plus renommées référencent des articles douteux.

 

5. Comprendre l’impact de l’édition prédatrice

Selon la position qu’une personne occupe sur l’échelle du cycle de vie de l’information, l’empreinte de l’édition prédatrice variera :

  • En tant qu’auteur ou autrice d’un article original, on note que le phénomène touche des auteurs de tous les pays, mais que les chercheurs en contexte de ressources limitées ou de début de carrière sont a priori plus vulnérables.
  • En tant que personne réalisant une revue systématique ou une méta-analyse, l’édition prédatrice compromet la synthèse des connaissances. On recommande d’anticiper ce risque dans le protocole, de repérer les articles suspects en amont, puis de prévoir des analyses de sensibilité lorsque des études douteuses sont incluses [6].
  • En tant que professionnel(le) de l’information, la situation exige une grande vigilance et du temps consacré à la vérification qui va au-delà des critères habituels de sélection de l’information.
  • En tant que consommateur d’information, la lecture de sources que l’on croit fiables peut induire en erreur et, à terme, miner la confiance dans les écrits scientifiques en général.

 

Conclusion

Au contraire d’une revue légitime, transparente, vérifiable et cohérente, une revue prédatrice s’avère vague, pressante et difficile à corroborer. La triangulation de sources fiables, telles que des répertoires et des grilles de critères, permet de soutenir la démarche de vérification. N’hésitez pas à faire appel à des spécialistes de l’information pour vous y aider.

 

Références

[1] Fonds de recherche du Québec. (2025). Identifier les revues prédatrices.

[2] Polytechnique Montréal. (2026). « Évaluer la fiabilité des éditeurs ou des revues » dans Rédiger et publier un article scientifique

[3] Fonds de recherche du Québec. (2023). Liste de vérification pour reconnaître les revues trompeuses

[4] Université du Québec. (2026). Éditeurs prédateurs : les reconnaître et s’en prémunir. https://uquebec.libguides.com/editeurs-predateurs/accueil

[5] Think. Check. Submit

[6] Martinino, A., Smeenk, F. W. J. M., Basile, V., Soto, A., et Pouwels, S. (2025). Understanding the Influence of Predatory Journals Articles Included within Systematic Reviews: A Scoping ReviewThe Serials Librarian86(3-4), 213-222.